lundi 28 novembre 2005, mis à jour à 20:58

Reuters

La conférence des Nations unies sur le climat s'est ouverte à Montréal, où des appels ont été lancés aux Etats-Unis et aux pays en développement pour qu'ils se joignent aux programmes onusiens de lutte contre l'effet de serre au-delà de 2012.

"Optons pour une approche à long terme plus efficace et plus complète du changement climatique", a dit le ministre canadien de l'Environnement, Stéphane Dion, à l'ouverture de la conférence, qui regroupe 189 pays et doit durer jusqu'au 9 décembre.

"Il faut plus d'action aujourd'hui", a ajouté Dion. Près de 10.000 représentants de gouvernements, d'organismes de défense de l'environnement et d'entreprises devraient participer à ces entretiens pour étudier les moyens de limiter les émissions de gaz à effet de serre.

L'enjeu des discussions est de commencer à définir les suites à donner au protocole de Kyoto, dont le champ d'application s'arrête à 2012, et d'impliquer dans cette lutte de gros pollueurs comme les Etats-Unis, la Chine ou l'Inde. Les ministres de l'Environnement prendront part aux trois dernières journées de la conférence.

Les Etats-Unis, premier pollueur mondial, et l'Australie se sont désolidarisés de Kyoto en dénonçant comme des contraintes inacceptables les limites que le traité fixe aux émissions de gaz à effet de serre. De nombreux délégués craignent que tout traité ultérieur reste inopérant sans Washington - qui adhère à la convention plus générale de l'Onu sur le climat.

La séance inaugurale a vu défiler des acteurs et des images vidéo qui ont mis en évidence les risques d'un changement climatique - multiplication des ouragans, blizzard, nuées de criquets pèlerins, inondations ou fonte de glaciers.

"Nous savons que le changement climatique est le problème d'environnement le plus important auquel soit confronté le monde aujourd'hui (...) plus nous attendons, plus grand sera le défi", a déclaré Dion. On juge probable qu'il faille plusieurs années pour qu'une suite concrète soit apportée au processus de Kyoto.

CHINE ET INDE

Etats-Unis et Australie à part, le protocole de Kyoto exclut les pays pauvres - dont la Chine et l'Inde - des premiers objectifs assignés jusqu'en 2012, parce que leurs émissions par habitant sont très inférieures à celles des pays industriels.

"Le temps presse", a souligné l'organisation écologique Greenpeace dans un communiqué publié à l'occasion des entretiens.

"Une tâche immense nous attend", a dit pour sa part le ministre argentin de l'Environnement, Gines Gonzalez Garcia, en préconisant une intensification des initiatives internationales contre le changement climatique.

Il a jugé nécessaire que les grands pays donnent l'exemple en réduisant leurs émissions de façon significative - ce à quoi se refuse Washington, qui préfère de gros investissements dans les technologies nouvelles à des limites obligatoires du type de celles de Kyoto.

En vertu du protocole entré en application en février dernier après des années d'attente de sa ratification par des pays clés comme la Russie, une quarantaine de pays riches ont pour objectif de réduire de 5,2%, vers 2008-2012, les émissions de dioxyde de carbone par rapport à leur niveau de 1990.

Washington a dit n'avoir nullement l'intention de se joindre à des programmes définis par l'Onu au-delà de 2012.

Mais d'autres délégations ont relevé que le président George Bush avait signé, en juillet dernier en Ecosse, une déclaration du Groupe des Huit promettant une initiative dans le cadre des entretiens de l'Onu au Canada.

En se référant à Montréal, les dirigeants du G8 s'étaient "engagés à faire avancer durant ce forum le débat mondial sur la coopération à long terme face au changement climatique".

Les dix années les plus chaudes enregistrées depuis qu'on a commencé à en tenir le compte dans les années 1860 sont intervenues depuis 1990. Ce que la plupart des scientifiques expliquent par une hausse des températures liée aux gaz à effet de serre émis par les établissements industriels et les voitures.